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Gestion locative3 septembre 2026 · 10 min

Comment sélectionner un bon locataire au Québec : guide pratique pour propriétaires

Close-up of a business professional reviewing an application form at a desk.
Photo : Photo par Kampus Production sur Pexels

Trouver le bon locataire, c'est la clé pour une gestion sereine et rentable. Un mauvais choix peut te coûter des mois de loyers impayés, des dégâts matériels et des procédures judiciaires longues. La bonne nouvelle ? Il existe un processus structuré pour minimiser les risques et sélectionner un locataire fiable.

Pourquoi bien sélectionner son locataire dès le départ

Une sélection rigoureuse au moment de la location te protège contre les impayés, les abandon de logement et les conflits de voisinage. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, les propriétaires québécois ont un droit légitime à vérifier les antécédents d'un candidat, dans le respect strict de la loi.

Le processus prend généralement entre 1 et 2 semaines. Mieux vaut y consacrer du temps en amont que de gérer une éviction coûteuse par la suite.

Étape 1 : Le formulaire de demande de location

Commencement du processus, le formulaire standardisé recueille les informations de base. Il doit inclure l'identité complète, les adresses antérieures (au moins 3 ans), l'emploi actuel, le revenu brut mensuel et un consentement écrit pour vérifier le crédit.

Ce document sert de fondation à tes vérifications. Demande au candidat de le remplir de sa propre main ou de le signer électroniquement. Conserve une copie signée : c'est ta preuve du consentement initial.

N'oublie pas une clause précisant que les informations fausses ou incomplètes peuvent entraîner le refus de la demande. Cela dissuade les candidats malhonnêtes dès le départ.

Étape 2 : La vérification de crédit

La vérification de crédit révèle les habitudes de paiement et les problèmes financiers passés. Au Québec, tu dois obtenir un consentement écrit préalable (exigence de la Loi 25 sur la protection des renseignements personnels).

Comment interpréter un score de crédit ?

  • 660 et plus : bon profil, peu de risque
  • 600 à 659 : acceptable, mais à examiner plus attentivement
  • Moins de 600 : risque élevé, enquête approfondie recommandée

Regarde aussi la nature des dettes impayées. Une facture médicale oubliée, c'est moins grave qu'une longue série d'impayés ou de comptes en recouvrement. Les défauts de paiement récents (moins de 2 ans) sont plus préoccupants que les anciens antécédents.

Attention : ne rejette jamais un candidat uniquement sur la base d'un score faible. La Charte des droits et libertés du Québec t'oblige à considérer l'ensemble du dossier et à ne pas faire de discrimination. Un candidat avec un crédit imparfait mais un emploi stable et des références positives peut être un locataire fiable.

Étape 3 : Vérifier l'emploi et les revenus

L'emploi stable est l'un des meilleurs prédicteurs du paiement régulier du loyer. Contacte directement l'employeur ou demande une lettre d'emploi officielle et des talons de paie des 3 derniers mois.

Règle de base : le loyer ne doit pas dépasser 30 à 35 % du revenu brut mensuel. Un candidat gagnant 3 000 $ brut par mois ne devrait pas payer plus de 900 à 1 050 $ de loyer.

Pour les travailleurs autonomes ou les prestataires d'aide sociale, le processus est plus complexe. Demande des relevés d'impôt des 2 dernières années ou une lettre du ministère confirmant les prestations. N'hésite pas à être plus prudent et exiger un garant ou une assurance-loyers dans ces cas.

Les nouveaux arrivants au Canada peuvent avoir peu d'historique crédit local. Accepte les références de propriétaires étrangers (par courriel, téléphone), demande un garant canadien si possible, ou envisage une assurance-loyers impayés comme garantie supplémentaire.

Étape 4 : Appeler les propriétaires précédents

Les références de propriétaires précédents sont souvent plus honnêtes que les références amicales. Contact les 2 ou 3 derniers propriétaires ou gestionnaires immobiliers du candidat.

Questions à poser :

  • Le loyer a-t-il toujours été payé à temps ?
  • Y a-t-il eu des dégâts au logement ?
  • Le locataire respectait-il les voisins ?
  • Y a-t-il eu des problèmes de comportement ou de nuisances ?
  • Pourquoi le locataire a-t-il quitté les lieux ?
  • Le recommanderiez-vous à nouveau ?

Documente chaque appel par écrit : nom du propriétaire, date, réponses. Si tu reçois plusieurs réponses négatives ou évasives, creuse davantage avant de signer le bail.

Attention aux « fausses références » : un ami qui se fait passer pour un ancien propriétaire. Demande un numéro de téléphone professionnel ou une adresse de propriété que tu peux vérifier indépendamment.

Étape 5 : Vérifier les adresses et la cohérence du dossier

Regarde la progression des adresses sur le formulaire. Des sauts inexpliqués (déménagement tous les 3 mois) ou des trous chronologiques (adresses manquantes) peuvent indiquer des problèmes cachés ou une instabilité.

Vérifie que les dates d'emploi coïncident avec les adresses mentionnées. Un candidat qui prétend travailler au même endroit depuis 5 ans mais a changé d'adresse 4 fois, c'est suspect. Il peut y avoir une explication valide, mais pose la question directement.

Les incohérences ne sont pas automatiquement un refus, mais elles méritent une conversation approfondie avec le candidat.

Étape 6 : L'entrevue directe

Une conversation face à face (ou vidéo) te permet d'évaluer la fiabilité et le sérieux du candidat. Ce ne sont pas des intuitions qui comptent légalement, mais des comportements observables.

Questions structurées à poser :

  • Pourquoi quittez-vous votre logement actuel ?
  • Décrivez votre dernier conflit avec un voisin ou propriétaire et comment vous l'avez résolu.
  • Parlez-moi de votre emploi et de votre stabilité professionnelle.
  • Avez-vous des références d'amis ou collègues (en supplément aux propriétaires) ?
  • Y a-t-il des éléments du dossier que vous aimeriez clarifier ?

Note l'attitude et la transparence. Un candidat qui justifie calmement ses antécédents problématiques est souvent plus honnête qu'un candidat qui esquive les questions ou devient agressif.

Surtout, ne pose jamais de questions susceptibles de discrimination : âge, orientation sexuelle, statut marital, religion, handicap, condition sociale. La Charte des droits et libertés te l'interdit explicitement.

Ce qu'il est INTERDIT de faire

Le cadre légal québécois établit des règles strictes que tu dois absolument respecter :

Dépôt de garantie interdit. Tu ne peux exiger qu'un dépôt de garantie (« damage deposit »). Seul le premier mois de loyer peut être demandé à la signature du bail. Tout autre paiement d'avance (dernier mois, frais administratifs, caution) est illégal.

Discrimination interdite. Refuser un candidat sur la base de la race, couleur, sexe, orientation sexuelle, état civil, âge, religion, handicap ou condition sociale viole la Charte. Si tu dois refuser, documente ta décision sur des critères objectifs (revenu insuffisant, score crédit trop bas, références négatives).

Consentement obligatoire pour enquête de crédit. Tu ne peux pas vérifier le dossier de crédit d'un candidat sans son consentement écrit explicite.

Conservation des renseignements personnels. La Loi 25 exige que tu conserves les données personnelles uniquement le temps nécessaire. Pour un candidat refusé, tu dois supprimer ses informations après un délai raisonnable (généralement 1 à 2 mois).

Les drapeaux rouges à surveiller

Certains signaux d'alarme méritent une enquête supplémentaire ou un refus direct :

  • Antécédents d'expulsion. Consulte le registre TAL ou demande des précisions.
  • Incohérences graves dans le dossier. Adresses fictives, documents falsifiés, références invalides.
  • Refus répété de fournir des références. « Je n'ai pas gardé le contact avec mes anciens propriétaires » est une mauvaise excuse à l'ère du numérique.
  • Revenu insuffisant par rapport au loyer. Même un excelent crédit ne suffira pas à couvrir les risques d'un ratio déséquilibré.
  • Problèmes de voisinage documentés. Si tu reçois plusieurs témoignages de comportements nuisibles, c'est rarement un hasard.
  • Comportement pendant le processus. Un candidat agressif, harcelant ou malhonnête lors de la location le sera aussi après.

Comment refuser un candidat légalement

Refuser un candidat demande de la transparence et de la documentation. N'envoie jamais un refus vague ou discriminatoire.

Rédige une lettre courte et factuelle : « Suite à la revue de votre demande de location pour le [adresse], nous avons décidé de ne pas poursuivre votre candidature. Cette décision est basée sur les critères objectifs suivants : [revenu insuffisant, antécédents de non-paiement, références négatives, etc.]. Vous pouvez contacter le gestionnaire à [coordonnées] si vous souhaitez des précisions. »

Conserve une copie de cette lettre au dossier, avec tous les éléments qui ont motivé le refus. Si un candidat conteste le refus auprès de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, cette documentation te protège.

Gérer plusieurs candidats simultanément

Quand tu as plusieurs demandes pour un logement, établis un processus clair :

  1. Collecte tous les formulaires et consentements éccrits.
  2. Effectue les vérifications en parallèle (crédit, emploi, références).
  3. Classe les candidats selon leur profil (excellent, acceptable, refusé).
  4. Contacte le meilleur candidat en premier et donne-lui un délai de réponse (24 à 48 heures).
  5. Si ce candidat accepte, envoie rapidement des refus aux autres.
  6. Si ce candidat refuse, passe au suivant.

Soyez professionnel et rapide : un délai de 1 à 2 semaines du dépôt de demande à la signature du bail est raisonnable. Les candidats de qualité reçoivent d'autres offres.

Assurance-loyers impayés comme alternative

Certains propriétaires optent pour une assurance-loyers impayés plutôt que de refuser des candidats à risque modéré. Des produits comme GarantMe ou les garanties offertes par certains gestionnaires protègent contre les loyers impayés et les frais d'éviction.

Cette approche te permet d'accepter des candidats avec un crédit moins parfait, tout en restant protégé financièrement. À évaluer selon ta tolérance au risque et le coût de la prime.

Résumé du processus en 7 jours

Jour 1 : Formulaire et consentement signés. Jour 2-3 : Vérification de crédit et d'emploi lancées. Jour 4-5 : Appels aux propriétaires précédents. Jour 6 : Entrevue avec le meilleur candidat et clarifications. Jour 7 : Décision finale et signature du bail ou refus notifié.

En respectant ce cadre, tu minimises les risques et t'assures une gestion locative plus sereine.

FAQ

Quel score de crédit est acceptable pour un locataire ?

Un score de 660 et plus est considéré comme bon et présente peu de risque. Entre 600 et 659, le dossier est acceptable mais mérite un examen plus approfondi. Sous 600, le risque est élevé. Cependant, ne rejette jamais un candidat uniquement sur la base du score : considère la nature des dettes, leur ancienneté et l'ensemble du profil (emploi stable, références positives).

Peut-on demander un dépôt de garantie au Québec ?

Non. Le Code civil du Québec interdit explicitement les dépôts de garantie. Tu peux exiger uniquement le premier mois de loyer. Toute autre forme de paiement d'avance (dernier mois, frais administratifs, caution) est illégale et peut t'exposer à une plainte au Tribunal administratif du logement.

Faut-il le consentement écrit du candidat pour vérifier son crédit ?

Oui, absolument. La Loi 25 sur la protection des renseignements personnels exige un consentement écrit explicite avant d'accéder au dossier de crédit. Cette clause doit figurer dans le formulaire de demande de location. Sans ce consentement, la vérification est illégale.

Puis-je refuser un locataire parce qu'il a des enfants ?

Non. Refuser un candidat sur la base de l'état civil, du nombre d'enfants ou de toute autre caractéristique protégée par la Charte des droits et libertés constitue de la discrimination. Un refus doit toujours reposer sur des critères objectifs et documentés : revenu insuffisant, crédit très faible, références négatives.

Combien de temps conserver le dossier d'un candidat non retenu ?

La Loi 25 exige que tu conserves les données personnelles uniquement le temps nécessaire. Pour un candidat refusé, un délai de 1 à 2 mois est considéré comme raisonnable. Après cette période, tu dois supprimer ou anonymiser les informations personnelles (coordonnées, numéro de crédit, etc.).

Comment choisir entre plusieurs candidats de qualité similaire ?

Si plusieurs candidats sont comparables, privilégie celui ayant l'emploi le plus stable, le score de crédit le plus élevé et les références les plus positives. Tu peux aussi considérer le ratio loyer/revenu (un candidat avec un ratio plus faible offre plus de marge en cas de difficultés). En dernier recours, c'est le premier à avoir soumis sa demande qui a priorité.

Qu'est-ce qui est considéré comme une référence valide ?

Une référence valide vient d'un ancien propriétaire, gestionnaire immobilier ou syndic de copropriété ayant une relation directe avec le candidat. Vérifie indépendamment le numéro de téléphone ou l'adresse. Les références amicales (collègues, famille) sont moins crédibles. Accepte les références étrangères par courriel ou appel international pour les nouveaux arrivants au Canada.

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