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Gestion locative20 septembre 2026 · 10 min

Frais déductibles revenus locatifs : guide complet pour propriétaires québécois

Top-down view of tax deduction items on a black background with a calculator and forms, emphasizing financial planning.
Photo : Photo par Nataliya Vaitkevich sur Pexels

Vous louez un immeuble ou une partie de votre résidence ? Les frais que vous engagez pour générer ces revenus réduisent directement vos impôts, mais à une condition : qu'ils soient déductibles.

La distinction entre une dépense courante et une dépense en capital n'est pas toujours évidente. Pire, beaucoup de propriétaires perdent de l'argent en ne réclamant pas tous les frais auxquels ils ont droit, ou au contraire en en réclamant certains qui ne le sont pas. Revenu Québec est sans pitié sur les erreurs de cette nature.

Voici exactement comment calculer vos frais déductibles et vous assurer de ne rien oublier.

Les dépenses courantes : la base de votre déduction

Les dépenses courantes sont celles liées à l'exploitation courante de votre propriété locative. Elles s'étalent sur un an ou moins et ne prolongent pas la vie utile du bien. Ce sont elles qui réduisent vos revenus locatifs chaque année.

Intérêts hypothécaires

Les intérêts sur votre hypothèque sont déductibles. C'est l'un des plus gros postes de déduction pour la plupart des propriétaires. Remarquez bien : vous déduisez les intérêts, jamais le capital remboursé. Si vous versez 1 500 $ par mois et que 500 $ vont au capital, vous ne déduisez que 1 000 $.

Certains frais liés à l'hypothèque (frais de notaire, frais de dossier, assurance prêt hypothécaire) ne se déduisent pas immédiatement. Ils s'amortissent plutôt sur 5 ans. Cela s'appelle l'amortissement de frais préliminaires. Vous demandez 1/5 chaque année pendant 5 ans.

Taxes foncières

Vous payez la totalité de vos taxes foncières de propriétaire ? Elles sont entièrement déductibles. Si vous louez seulement une partie de votre résidence principale, vous ne déduisez que la portion locative. Par exemple, si vous louez un logement dans un duplex que vous habitez à 50 %, vous déduisez 50 % de vos taxes.

Il en va de même pour la contribution au fonds d'amélioration et toute autre taxe spéciale liée à la propriété.

Assurance immobilière

Votre assurance habitation ou « assurance immeuble » couvrant les dégâts matériels est déductible, bien sûr. Si c'est une assurance « tous risques », vous déduisez la portion attribuable à la couverture du bâtiment.

Par contre, une couverture pour responsabilité civile du propriétaire est aussi déductible, car elle protège votre activité locative. Une assurance-vie personnelle, elle, ne l'est pas.

Services publics

Le chauffage, l'électricité, l'eau, le gaz : tous déductibles si vous les payez pour la propriété louée. Si vous louez un logement dans votre maison et que vous partagez ces services, vous devez estimer la portion locative. Un électricien peut vous aider à déterminer une répartition raisonnable basée sur les mètres carrés ou le temps d'occupation.

Un détail important : si vous offrez les services publics compris dans le loyer, vous déduisez ce que vous payez réellement, pas ce que le locataire aurait pu payer de son côté.

Entretien et réparations

C'est ici que le distinction dépenses courantes/capital devient cruciale. Une réparation ramène votre bien à son état antérieur. Un entretien le maintient en bon état. Les deux sont déductibles.

Exemples de réparations déductibles : repeindre un mur taché, remplacer une vitre brisée, réparer une toiture qui fuit, réparer une fenêtre, remplacer un clavier de toilette défectueux.

Dès lors que vous prolongez la vie utile du bien ou que vous l'améliorez, ce n'est plus une réparation : c'est une dépense en capital, et vous devrez l'amortir.

Frais juridiques et comptables

Les honoraires de votre comptable pour préparer votre déclaration fiscale ? Déductibles. Les frais de notaire pour un contrat de location ? Déductibles. Une mise en demeure à un locataire mauvais payeur ? Déductible.

Les frais pour contester une évaluation foncière sont aussi déductibles, puisqu'ils visent à réduire vos taxes futures.

Publicité

Vous payez pour annoncer votre logement sur Kijiji ou un site de location ? C'est une dépense courante déductible. Il en va de même pour les frais de photographie professionnelle ou d'annonce imprimée.

Frais bancaires et intérêts

Les frais mensuels pour votre compte bancaire professionnel ? Déductibles. Les intérêts sur un prêt personnel utilisé pour faire des réparations à votre propriété ? Déductibles, si vous pouvez démontrer clairement l'utilisation de l'argent.

Salaires et contrats de service

Si vous engagez quelqu'un pour nettoyer les parties communes, entretenir le terrain ou assurer l'administration, ce coût est déductible. Vous devez émettre un T4A (ou l'équivalent) si ce montant dépasse 500 $ par année.

Dépenses en capital : l'amortissement obligatoire

Les dépenses en capital sont celles qui prolongent la vie du bien ou qui l'améliorent de manière durable. Vous ne les déduisez pas entièrement l'année où vous les engagez. Au lieu de cela, vous les amortissez sur plusieurs années.

Exemples : remplacement du toit, rénovation de la cuisine, nouvelle chaudière, nouvelle toiture, ajout d'une terrasse, remplacement des fenêtres, finition d'un sous-sol.

Au Canada, la plupart des immeubles locatifs résidentiels s'amortissent à 4 % par année (classe 1). Cela signifie que vous déduisez 4 % du coût de base non amorti chaque année. Le calcul s'appelle « la déduction pour amortissement » (DPA) au fédéral, ou « l'amortissement » au Québec.

C'est là un piège important : si vous déclarez une dépense en capital, vous êtes obligé de la déclarer en amortissement. Vous ne pouvez pas choisir de l'ignorer. Et lorsque vous vendrez la propriété, Revenu Québec réclamant la DPA accumulée comme revenu imposable l'année de la vente.

La règle du bien déchet

Si vous achetez un petit objet (par exemple une tondeuse à 300 $), vous pourriez être tenté de le classer en dépense courante plutôt qu'en capital pour l'accélérer. Certains propriétaires établissent un seuil : « Tout ce qui coûte moins de 500 $ est courant ».

C'est faux. Il n'existe pas de seuil officiel au Canada. C'est la nature de l'article qui compte, pas son prix. Une chaise de bureau à 2 000 $ reste du mobilier amortissable. Une réparation à 10 000 $ reste une réparation courante.

Cela dit, Revenu Québec exerce une certaine flexibilité sur les petits montants d'ordre administratif. Consulter un comptable agrée est la meilleure assurance.

Cas particuliers et nuances

Résidence principale partiellement louée

Vous habitez un côté de votre duplex et louez l'autre ? Ou vous louez une chambre dans votre maison ? Vous ne déduisez que la portion locative des dépenses communes.

La portion se calcule généralement selon le ratio de surface habitable louée sur la surface totale. Une chambre dans une maison de 4 chambres = 25 % des dépenses communes.

Attention : si vous vendez la propriété, une partie des gains pourra être imposée, puisqu'elle n'a pas été votre résidence principale à 100 % pendant la période de location.

Intention de profit

Pour que vos dépenses soient déductibles, vous devez avoir une intention légitime de générer du revenu. Revenu Québec examinera si vos dépenses dépassent systématiquement vos revenus. Si vous enregistrez des pertes année après année sans amélioration en vue, l'agence peut refuser la déduction et qualifier l'activité de « perte en capital ».

Cela dit, les pertes de location légitimes sont déductibles si vous exploitez vraiment votre bien en vue d'un profit.

Dépenses avant la location

Vous rénovez avant de louer ? Les réparations et préparations engagées après l'achat mais avant la première location constituent des dépenses en capital. Elles ne réduisent pas votre revenu locatif l'année 1. Elles s'ajoutent à votre base d'amortissement.

C'est un point crucial : ne confondez pas « réparation » et « préparation pour la location ».

Améliorations pour personnes handicapées

Un escalier pour fauteuil roulant, une rampe d'accès, une salle de bain accessible : ces dépenses sont déductibles à titre de dépenses courantes, sans amortissement obligatoire. Vous pouvez les réclamer entièrement l'année de l'engagement.

Obligatoires : formulaires et déclaration

Au fédéral, vous remplissez le formulaire T776 (Déclaration de revenus de location d'immeubles) et joignez le relevé T776 à votre déclaration d'impôt sur le revenu.

Au Québec, vous remplissez le formulaire TP-128 (Revenus et dépenses de location d'immeubles) et joignez le Relevé 31 (Revenus de location) si vos revenus bruts dépassent 30 000 $.

Le Relevé 31 doit être produit au plus tard le 28 février de l'année suivant l'année d'imposition.

Conservez tous les justificatifs : factures, reçus, contrats, relevés bancaires, déclarations hypothécaires. Gardez-les au moins 6 ans.

Les frais que vous ne pouvez pas déduire

  • Le capital hypothécaire remboursé (seuls les intérêts comptent)
  • Les dépenses personnelles (télévision, meubles de votre chambre, etc.)
  • Les amendes ou pénalités de Revenu Québec
  • Les portions de dépenses non liées à l'immobilier locatif
  • Les dépenses engagées avant l'acquisition ou après la vente
  • Une rénovation qui commence avant que vous ne louiez le bien

Résumé des stratégies clés

Pour optimiser votre déduction de frais sans risque d'audit :

  1. Documentez tout : gardez chaque reçu, chaque devis, chaque contrat. Revenu Québec apprécie la traçabilité.

  2. Distinguez courant et capital : si vous n'êtes pas sûr, consultez votre comptable. Une erreur peut coûter cher.

  3. Remplissez les formulaires obligatoires : TP-128, Relevé 31, T776. Ne prenez pas de raccourci.

  4. Déclarez vos pertes : elles réduisent votre revenu global imposable, même si elles ne vous donnent pas un crédit en retour.

  5. Mettez à jour votre base d'amortissement : chaque année, sa valeur change. Une erreur en année 1 se propage.

Un comptable spécialisé en immobilier locatif coûte quelques centaines de dollars par année. C'est un investissement qui vous épargne souvent dix fois ce montant en impôts mal calculés ou en frais de rectification.

FAQ

Peut-on déduire le capital hypothécaire remboursé de ses revenus locatifs ?

Non, seuls les intérêts hypothécaires sont déductibles. Le capital remboursé ne réduit pas votre revenu locatif imposable. Si vous versez 1 500 $ par mois et que 600 $ vont au capital, vous ne déduisez que 900 $ chaque mois. Votre institution financière vous envoie un relevé qui détaille l'intérêt et le capital. Consultez-le pour vérifier le montant exact à déclarer.

Quelle est la différence entre une réparation et une amélioration (dépense en capital) ?

Une réparation ramène un bien à son état antérieur et s'est déductible entièrement l'année où elle est engagée. Une amélioration prolonge la vie utile du bien ou l'améliore, et doit être amortie sur plusieurs années. Par exemple, remplacer une vitre brisée est une réparation; remplacer toutes les fenêtres est une amélioration. Si vous doutez, consultez un comptable ou Revenu Québec directement.

Si je loue une partie de ma résidence principale, comment déduire les frais ?

Vous déduisez uniquement la portion des dépenses communes proportionnelle à la surface locative. Par exemple, si vous louez 40 % de votre maison, vous déduisez 40 % du chauffage, de l'électricité, des taxes et de l'assurance. La portion personnelle (60 %) n'est pas déductible. À la vente, une partie des gains sera imposée puisque ce secteur n'aura pas été votre résidence principale à 100 %.

Quels frais de notaire, de comptable ou juridiques sont déductibles ?

Tous les honoraires professionnels liés à votre activité locative sont déductibles : comptabilité, préparation fiscale, mise en demeure, contrats de location, etc. Cependant, les frais engagés une seule fois (par exemple, des frais de notaire pour l'achat de la propriété) s'amortissent sur 5 ans. Conservez les factures des cabinets professionnels pour justifier les déductions.

Dois-je obligatoirement amortir une dépense en capital, ou puis-je la déduire entièrement ?

Vous êtes obligé d'amortir les dépenses en capital. Vous ne pouvez pas choisir de les déduire entièrement ou de les ignorer. Si vous enregistrez une dépense en capital et ne la déclarez pas en amortissement, Revenu Québec peut refuser la déduction ET imposer une pénalité. L'amortissement pour les immeubles résidentiels est généralement de 4 % par année.

Quand dois-je produire le Relevé 31 au Québec ?

Le Relevé 31 doit être produit avant le 28 février de l'année suivant l'année d'imposition, si vos revenus bruts de location dépassent 30 000 $. Vous remplissez aussi le formulaire TP-128 avec votre déclaration au provincial. Au fédéral, le formulaire T776 accompagne votre déclaration d'impôt sur le revenu avant le 15 juin (ou 30 septembre si vous avez un comptable).

Quels documents dois-je conserver pour justifier mes déductions ?

Conservez tous les justificatifs : factures, reçus, contrats, relevés bancaires, déclarations hypothécaires, relevés de services publics, preuves d'assurance, correspondances avec des professionnels. Gardez-les au minimum 6 ans. Revenu Québec peut demander ces preuves lors d'une vérification ou d'un appel. Une bonne organisation dès le départ vous épargne bien des tracas.

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