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Investir à Montréal depuis l'étranger31 juillet 2026 · 12 min

Investir dans l'immobilier locatif à Montréal depuis les États-Unis : ce qu'il faut savoir

A couple signing real estate documents with a realtor inside a new apartment.
Photo : Photo par Anastasia Shuraeva sur Pexels

Oui, c'est possible : voici comment ça fonctionne

Les investisseurs américains peuvent tout à fait acheter une propriété locative à Montréal, mais sous conditions. Le Québec n'a pas fermé ses portes aux capitaux étrangers comme certaines provinces l'ont fait. En revanche, depuis 2023, un moratoire s'applique aux non-Canadiens qui achètent des maisons unifamiliales ou des duplex à usage résidentiel. Vous pouvez contourner cette restriction en visant des immeubles de quatre logements et plus, des copropriétés ou des immeubles mixtes (résidentiel-commercial). Le marché montréalais remain une destination intéressante : pas de taxe spéciale sur les acquisitions étrangères (contrairement à Vancouver ou Toronto), une rentabilité locative solide et des prix plus accessibles qu'aux États-Unis.

L'important : il faut comprendre que vous achèterez en tant que non-résident du Québec, ce qui entraîne des obligations fiscales supplémentaires et des exigences bancaires plus strictes. Ce guide couvre les étapes réelles, sans promesse miraculeux.

Restrictions légales : qui peut acheter quoi

Le moratoire sur les maisons unifamiliales et duplex

Depuis le 1er janvier 2023, un moratoire s'applique aux citoyens et résidents non-canadiens qui souhaitent acheter des maisons unifamiliales ou des duplex au Québec. Cette mesure vise à préserver l'accès au logement abordable pour les Québécois résidents. Le moratoire devrait rester en place jusqu'au 1er janvier 2027, avec révision possible.

Si vous êtes citoyen américain sans résidence canadienne, cette restriction vous touche directement. Cependant, plusieurs portes restent ouvertes.

Les exceptions : ce qui vous reste accessible

Vous pouvez acheter sans restriction :

  • Immeubles de quatre logements ou plus : Duplex, triplex, immeubles à revenus multiples. C'est le cœur du marché pour les investisseurs étrangers.
  • Copropriétés divises : Condos et condominiums, peu importe le nombre d'unités.
  • Immeubles mixtes : Bâtiments combinant du résidentiel et du commercial (ex. rez-de-chaussée commercial, étages résidentiels).
  • Immeubles essentiellement non-résidentiels : Immeubles commerciaux ou industriels adaptés à l'habitation secondaire.

Si vous déteniez déjà une première résidence au Québec avant le moratoire, les règles sont différentes : vérifiez avec un notaire.

Résidents temporaires : une option stratégique

Si vous obtenez un permis de travail ou un permis d'études, vous serez classé résident temporaire, et le moratoire ne s'appliquera plus. Certains investisseurs utilisent cette voie, notamment s'ils envisagent une présence à long terme à Montréal.

Le financement : comment les banques vous regardent

Apport minimum et conditions

Les banques canadiennes exigent au minimum 35 % d'apport pour les acheteurs non-résidents, contre 5 à 20 % pour les résidents. Ce ratio reflète un risque perçu plus élevé. Vous devrez aussi souscrire une assurance hypothécaire, qui couvre la banque en cas de défaut de paiement. Cette assurance augmente le coût total de votre emprunt.

Si votre apport est plus faible (20 à 34 %), certaines banques peuvent accepter des conditions plus strictes : taux d'intérêt plus élevé, frais additionnels ou couverture d'assurance renforcée.

Documentation requise et vérification de la solvabilité

Les banques canadiennes vous demanderont :

  • Preuves de revenus : Avis d'imposition américains des 2 à 3 dernières années, relevés de comptes bancaires à jour.
  • Déclaration d'impôt fédérale américaine : Les banques convertissent souvent vos revenus USD en CAD selon un taux fixe prudent.
  • Référence bancaire : Une lettre de votre banque américaine attestant votre historique de crédit et votre solvabilité.
  • Rapport de crédit : Les agences canadiennes consultent rarement votre dossier de crédit américain directement. Parfois, une vérification parallèle via des services spécialisés est effectuée.
  • Preuve d'identité : Passeport valide, parfois certificat de naissance notarié.
  • Déclaration de domicile à l'étranger : Pour confirmer votre statut de non-résident.

Certaines banques exigent aussi un affidavit notarié confirmant vos engagements d'investisseur.

Taux d'intérêt et produits hypothécaires

Comme non-résident, vous payerez généralement un taux 0,25 % à 1 % plus élevé que les résidents canadiens. Les produits offerts sont souvent plus limités : accès restreint aux hypothèques à taux fixe court terme, ou obligation de contracter un terme plus long (5 ans minimum, plutôt que 3 ou 4 ans).

Alternative : certains courtiers hypothécaires spécialisés dans les clients non-résidents négocient des conditions meilleures auprès de banques moins strictes. Cela vaut le coup d'explorer avant de signer.

La fiscalité : comprendre les trois niveaux d'impôt

Impôt sur les revenus locatifs

En tant que non-résident du Québec ayant des revenus immobiliers au Québec, vous êtes imposable en vertu de la Loi sur les impôts du Québec. Vos revenus nets de location (loyer moins dépenses) sont soumis à :

  • Retenue préalable du Québec : Revenu Québec exige une retenue d'impôt de 25 % sur les revenus bruts (avant dépenses). C'est un acompte provisoire obligatoire.
  • Impôt final au taux marginal : À votre déclaration d'impôt annuelle, votre revenu net réel (loyers - hypothèque, impôts fonciers, assurance, maintenance, gestion) est imposé au taux marginal complet du Québec, qui varie de 20 % à 29,75 % selon la province où vous résidez aux États-Unis et la convention fiscale applicable.
  • Impôt fédéral canadien : Le gouvernement fédéral impose aussi ces mêmes revenus. Retenue fédérale initialement 25 %, puis ajustement à votre taux marginal fédéral (15 % à 33 %).

En pratique : Si vos revenus locatifs nets annuels sont 50 000 CAD, comptez un impôt total combiné Québec + Canada de 20 000 à 25 000 CAD selon votre taux marginal. La retenue préalable diminue, mais elle reste substantielle.

Droits de mutation immobilière (taxe de bienvenue)

Le Québec applique une taxe de bienvenue progressive sur l'achat immobilier. Elle s'ajoute au prix d'achat et s'élève à :

  • 0,5 % sur la première tranche de 50 000 CAD,
  • 1 % sur la tranche de 50 001 à 250 000 CAD,
  • 1,5 % sur la tranche de 250 001 à 500 000 CAD,
  • 2 % au-delà de 500 000 CAD.

Sur un immeuble de 600 000 CAD, la taxe de bienvenue totale serait environ 10 500 CAD.

Impôt sur les gains en capital

Quand vous revendez l'immeuble, la différence entre le prix de vente et le prix d'achat (gain) est imposée. Au Québec et au Canada, seule 50 % du gain est imposable (depuis 2024, cette proportion pourrait augmenter pour les très hauts gains, mais cette règle s'applique généralement aux investisseurs). Pour un gain de 100 000 CAD, 50 000 CAD entrent dans votre revenu imposable, imposés à votre taux marginal (20 à 33 % au fédéral).

Taxes foncières et autres frais annuels

Les taxes foncières à Montréal varient selon l'arrondissement, mais comptez environ 0,6 % à 1 % de la valeur du bien par année. Un immeuble de 500 000 CAD générera 3 000 à 5 000 CAD de taxes annuelles. Ces taxes sont déductibles de votre revenu locatif imposable.

Conventions fiscales États-Unis-Canada

Le Canada et les États-Unis ont signé une convention fiscale pour éviter la double imposition. En résumé :

  • Les revenus immobiliers canadiens sont imposables au Canada d'abord.
  • Vous pouvez demander un crédit d'impôt aux États-Unis pour les impôts payés au Canada.
  • Vous aurez probablement à produire une déclaration fiscale américaine (formulaire 1040) incluant vos revenus canadiens.

La convention n'élimine pas l'impôt, elle l'ajuste. Consulter un fiscaliste binational (USA-Canada) est fortement recommandé pour optimiser votre position.

Les étapes d'achat : procédures spécifiques aux non-résidents

Recherche et mise en place préalable

Avant de chercher un bien, ouvrez un compte bancaire canadien. Les institutions offrant des comptes à distance pour non-résidents incluent certaines banques en ligne. Cela simplifie les paiements d'hypothèque, d'assurance et de taxes.

Engagez un notaire québécois parlant anglais si nécessaire. Le notaire prépare l'acte d'achat, vérifie les titres de propriété, gère l'enregistrement légal et vous informe de vos obligations fiscales.

Offre d'achat et inspection

Le processus est similaire à celui aux États-Unis. Vous ou votre agent immobilier soumettez une offre d'achat (offre conditionnelle). Les conditions typiques incluent :

  • Inspection du bien par un inspecteur agréé.
  • Approbation du financement hypothécaire (approbation de principe, puis approbation finale).
  • Avis d'aliénation (obligation légale).

Avis d'aliénation : obligation clé

Dans les 10 jours suivant la signature de l'offre d'achat, le vendeur (ou parfois l'acheteur, selon l'accord) doit notifier Revenu Québec et l'Agence du revenu du Canada (ARC) de la transaction imminente. C'est l'avis d'aliénation. Sans cet avis, des retenues supplémentaires peuvent s'appliquer au vendeur, ce qui peut bloquer la transaction.

Votre notaire s'occupe généralement de cette procédure.

Certificat de disposition

Avant la fermeture, Revenu Québec et l'ARC délivrent un certificat de disposition, confirmant que vos obligations fiscales sont claires et que la vente peut procéder. Ce certificat garantit au vendeur que les retenues d'impôt ont été respectées.

Fermeture et enregistrement

Le jour de la fermeture, votre notaire transmet les fonds via virement bancaire international. Les frais de transaction (notaire, inspection, titre de propriété) sont ajoutés. Une fois les fonds reçus et les documents signés, le titre est enregistré au registre foncier du Québec sous votre nom (ou celui de votre fiducie ou entité légale).

Gestion du bien depuis les États-Unis

Embaucher un gestionnaire immobilier

Commer un immeuble locatif à distance est possible mais exige de la discipline. La plupart des investisseurs non-résidents engagent un gestionnaire immobilier (property manager) local qui s'occupe :

  • De la perception des loyers et des dépôts.
  • De l'entretien et des réparations d'urgence.
  • De la conformité légale (normes de sécurité, assurances).
  • De la communication avec les locataires.

Les frais de gestion varient de 6 % à 10 % du revenu brut de location, mais libèrent votre temps et réduisent les erreurs.

Procuration notariée

Si vous préférez garder un contrôle direct sur certaines décisions (vente du bien, hypothèque additionnelle), vous pouvez constituer une procuration notariée donnant à un représentant de confiance (ami, famille, avocat) le pouvoir d'agir en votre nom auprès des institutions financières et gouvernementales.

Signaux de retenue d'impôt accrue

Si vous tardez à vous enregistrer auprès de Revenu Québec ou l'ARC en tant que propriétaire non-résident, les retenues sur vos revenus de location peuvent passer de 25 % à 50 % ou plus. Enregistrez-vous rapidement auprès des deux organismes pour clarifier votre statut.

Avantages comparatifs du marché montréalais

Pas de taxe spéciale sur les acquisitions étrangères

Contrairement à la Colombie-Britannique (taxe spéciale de 20 % en Vancouver) ou à l'Ontario (15 % à Toronto), le Québec n'impose pas de taxe spéciale supplémentaire sur les achats par non-résidents. Seule la taxe de bienvenue standard s'applique.

Rentabilité locative attractive

Le ratio loyer sur prix (rendement brut) à Montréal oscille entre 4 % et 7 % selon le quartier et le type d'immeuble, comparable ou supérieur à certaines régions américaines. Un immeuble de 500 000 CAD peut générer 20 000 à 35 000 CAD de loyers bruts annuels.

Stabilité du marché et appréciation long terme

Montréal connaît une croissance démographique stable, une demande locative soutenue et une appréciation immobilière modérée mais fiable (3 % à 4 % par année historiquement). C'est moins volatile que certains marchés américains.

Pas de restriction sur le type d'immeuble (en dehors du moratoire)

Combination résidentiel-commercial, immeubles à revenus, copropriétés : le marché québécois offre diversité et flexibilité.

Points clés à retenir

  • Vous pouvez acheter des immeubles de 4 unités ou plus, des copropriétés et des immeubles mixtes, mais pas de maisons unifamiliales ou duplex d'ici janvier 2027.
  • Les banques exigent 35 % d'apport minimum et appliqueront un taux légèrement plus élevé que pour les résidents.
  • Préparez-vous à des revenus nets imposés à 20 à 33 % (Québec + Canada) et à une retenue initiale de 25 % sur vos loyers.
  • Ouvrez un compte bancaire canadien, engagez un notaire et un fiscaliste avant d'acheter.
  • Enregistrez-vous auprès de Revenu Québec et de l'ARC sans délai après l'achat pour éviter des retenues accrues.
  • Embaucher un gestionnaire immobilier simplifie drastiquement la gestion à distance.

Ce marché n'est pas plus complexe que d'autres, simplement différent. Avec les bons conseillers, l'investissement en immobilier locatif montréalais reste accessible et rentable pour les Américains.

FAQ

Puis-je acheter une maison unifamiliale à Montréal en tant qu'investisseur américain?

Non, le moratoire en vigueur jusqu'en janvier 2027 interdit aux non-Canadiens d'acheter des maisons unifamiliales ou des duplex au Québec. Cependant, vous pouvez acheter des immeubles de quatre logements ou plus, des copropriétés ou des immeubles mixtes. Si vous êtes citoyen américain sans résidence canadienne, ces restrictions s'appliquent à vous directement.

Quel apport minimum dois-je avoir pour obtenir une hypothèque au Canada?

Les banques canadiennes exigent au minimum 35 % d'apport pour les acheteurs non-résidents, contre 5 à 20 % pour les résidents. Vous devrez aussi souscrire une assurance hypothécaire couvrant la banque. Les taux d'intérêt seront généralement 0,25 % à 1 % plus élevés que pour les résidents.

Combien d'impôt vais-je payer sur mes revenus locatifs au Québec?

Vos revenus nets de location sont soumis à une retenue initiale de 25 % du revenu brut. À votre déclaration annuelle, vous payez un impôt final combiné Québec-Canada pouvant atteindre 20 à 29 % selon votre taux marginal. Les dépenses déductibles (hypothèque, taxes, assurance, maintenance) réduisent l'assiette imposable.

Dois-je déclarer mes revenus immobiliers canadiens aux États-Unis?

Oui, le gouvernement américain impose les revenus mondiaux des citoyens américains, y compris les revenus immobiliers au Canada. Vous devez généralement produire une déclaration fiscale fédérale (formulaire 1040) incluant ces revenus. Une convention fiscale États-Unis-Canada vous permet de demander un crédit pour les impôts payés au Canada et évite la double imposition.

Combien de temps avant de pouvoir fermer mon achat immobilier?

Le délai varie selon l'approbation hypothécaire (30 à 60 jours en moyenne) et l'avis d'aliénation (10 jours obligatoires). Comptez généralement entre 45 à 90 jours du jour de l'offre d'achat à la fermeture. Votre notaire et courtier hypothécaire coordonnent ces étapes.

Puis-je gérer mon immeuble depuis les États-Unis sans être sur place?

Oui, mais il est fortement recommandé d'engager un gestionnaire immobilier local qui s'occupe de la perception des loyers, de l'entretien, de la conformité légale et de la communication avec les locataires. Les frais de gestion varient de 6 % à 10 % du revenu brut, mais simplifient drastiquement votre expérience en tant qu'investisseur non-résident.

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