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Investir à Montréal depuis l'étranger28 août 2026 · 9 min

Investisseur étranger et locatif à Montréal : guide pour débuter sans résider au Canada

Aerial photo of Saint-Henri showcasing a graffiti-laden building with downtown Montreal in the background.
Photo : Photo par Matthew Padilla sur Pexels

Oui, c'est possible, mais avec des conditions strictes

Contrairement à certains pays ou provinces canadiennes, le Québec n'interdit pas aux non-résidents d'acheter un immeuble locatif. Vous pouvez investir, collecter des loyers et revendre à profit. Cependant, trois obstacles majeurs se dressent devant vous : le financement, la fiscalité, et la gestion à distance.

Financement : la vraie barrière

L'apport de 35 % est non négociable

Oubliez les 20 % d'apport que vous trouveriez en France. Les banques canadiennes exigent minimalement 35 % de mise de fonds pour un investisseur étranger non-résident. Si vous visez un immeuble de 400 000 $ CAD, vous devrez débourser 140 000 $ CAD avant de négocier un prêt.

Cet apport provient généralement de vos économies personnelles ou d'un virement international. Vous n'obtiendrez pas de crédit hypothécaire sur la mise de fonds elle-même.

Quelles banques acceptent les non-résidents

Desjardins et la Banque Nationale du Canada figurent parmi les rares institutions prêtes à financer un investisseur étranger. Même chez elles, les exigences sont strictes : documents financiers récents (relevés bancaires, déclarations d'impôt du pays d'origine), preuve de revenus stables, taux d'intérêt souvent plus élevé que pour un résident canadien.

Prévoyez 0,5 à 1,5 % d'ajustement sur le taux de base. Les délais d'approbation sont plus longs : trois à six mois, contre quatre à huit semaines pour un résident.

Frais d'acquisition supplémentaires

Lorsque vous achetez, les frais notariés, d'inspection et d'enregistrement foncier représentent environ 1,5 à 2 % du prix. Ajoutez les taxes de mutation (bienvenue) : 0,5 % à 1,5 % selon le prix et la Ville. Un immeuble de 500 000 $ CAD vous coûtera 7 500 à 12 500 $ CAD en frais annexes, avant même d'engager un professionnel pour gérer le bien.

Fiscalité : déclarer au Canada ET dans votre pays d'origine

Les revenus locatifs au Québec sont imposables

Chaque dollar de loyer que vous encaissez est revenu imposable au Canada. L'Agence du revenu du Canada (ARC) exige une déclaration annuelle. Aucune exception pour les non-résidents.

Vous devez déclarer :

  • Les loyers perçus (bruts, pas nets)
  • Les frais de gestion, réparations, assurances, intérêts hypothécaires (déductibles)
  • Les gains en capital lors de la revente (50 % seulement sont imposables au Canada, une spécificité avantageuse)

Le taux d'imposition fédéral varie de 15 % à 33 % selon votre revenu total. Le Québec ajoute 5 % à 26 % supplémentaires.

Si vous êtes résident de France, Belgique, Suisse ou États-Unis

Votre pays d'origine cherchera aussi à vous imposer sur ce revenu. La bonne nouvelle : une convention fiscale entre le Canada et votre pays d'origine (convention de double imposition) vous évite de payer deux fois l'impôt sur le même revenu.

Par exemple, un Français ayant investis à Montréal déclare ses revenus locatifs en France ET au Canada, mais seul le fisc le plus exigeant prélève l'impôt. Le second pays accorde un crédit d'impôt égal à la somme versée au premier.

En pratique, consultez un fiscaliste ou un notaire qui maîtrise la convention France-Canada, Suisse-Canada ou Belgique-Canada selon votre situation. Ce professionnel coûte 1 000 à 3 000 $ CAD, mais vous épargne des pénalités bien plus coûteuses.

Retenue d'impôt sur les loyers

Si vous n'êtes pas résident canadien, une retenue d'impôt peut s'appliquer sur les loyers : typically 25 %, sauf si une convention fiscale la réduit. Votre gestionnaire locatif ou comptable doit gérer cette retenue à la source et la verser à l'ARC. Ce n'est pas une taxe supplémentaire, mais une avance sur votre impôt annuel.

Les quartiers qui offrent le meilleur équilibre coût/rendement

Ville-Marie et le Vieux-Montréal

Prix d'accès : 500 000 à 800 000 $ CAD pour un duplex ou triplex. Rendement brut : 4,5 % à 5,5 %. Locataires stables, demande forte, mais rénovations coûteuses si l'immeuble date du XIXe siècle.

Griffintown

Prix : 450 000 à 650 000 $ CAD. Rendement : 4 % à 5 %. Quartier en gentrification, loyers en hausse, immeuble plus modernes qu'à Ville-Marie, risque de saturation locative dans 5 à 10 ans.

Plateau-Mont-Royal

Prix : 480 000 à 700 000 $ CAD. Rendement : 3,5 % à 4,5 %. Très demandé par les locataires jeunes professionnels, mais prix d'accès élevés et rendement moins intéressant pour purs investisseurs.

Rosemont-La Petite-Patrie

Prix : 380 000 à 520 000 $ CAD. Rendement : 4,5 % à 5,5 %. Moins connu des investisseurs étrangers, offre meilleure rentabilité, quartier dynamique avec services, écoles et transports en commun.

Gestion à distance : la clé de votre succès

Vous ne pouvez pas tout faire seul depuis la France (ou la Suisse, Belgique, Dubai)

Sans présence physique au Québec, vous devez déléguer : recherche de locataires, collecte des loyers, entretien, représentation légale, déclarations fiscales. Tenter de le faire soi-même expose à des erreurs coûteuses.

Trois modèles de gestion

Entreprise de gestion immobilière professionnelle (prestataires type agences de location complètes) : 8 % à 12 % du loyer mensuel. Elles trouvent les locataires, perçoivent les loyers, gèrent les appels de service, préparent vos déclarations fiscales. Très courant pour investisseurs étrangers. Vérifiez qu'elles ont assurance responsabilité civile et qu'elles sont inscrites auprès de l'Organisme d'autoréglementation du secteur immobilier du Québec (OACIQ) si elles offrent services de courtier ou gestion d'actifs.

Concierge ou gardien sur place : 300 à 600 $ CAD par mois pour un immeuble. Collecte les loyers, signale les réparations, vérifie l'entretien des parties communes. Moins cher qu'une agence, mais exige un lien de confiance et supervision régulière.

Hybride : agence pour la gestion des locataires et finances, concierge pour l'entretien quotidien et l'interventions d'urgence. Coût total : 10 % à 15 % du loyer.

Attention aux règles du bail québécois

Le bail standard au Québec (formulaire Régie du logement) diffère du bail français. Durée : un an minimum. Augmentation de loyer : demande formelle à la Régie du logement si vous avez 4 unités ou plus. Résiliation : deux à trois mois de préavis selon les circonstances. Locataire entrant : ils héritent du bail précédent, pas de relocation automatique. Vérifiez que votre gestionnaire comprend ces règles, sinon risque de conflit légal et frais de Tribunal administratif du logement.

Rentabilité réelle : au-delà du rendement brut

Exemple concret

Vous achetez un triplex de 500 000 $ CAD à Rosemont. Apport : 175 000 $ CAD. Hypothèque : 325 000 $ CAD à 4,5 % sur 25 ans = 1 838 $ CAD par mois d'intérêt + capital.

Loyers totaux (trois unités) : 3 600 $ CAD par mois = 43 200 $ CAD par an (rendement brut : 8,6 %).

Déductions annuelles :

  • Intérêts hypothécaires : 14 000 $ CAD
  • Taxes municipales et scolaires : 4 500 $ CAD
  • Assurance habitation : 1 200 $ CAD
  • Gestion immobilière (10 %) : 4 320 $ CAD
  • Maintenance et réparations (prévoyez 1 % du prix) : 5 000 $ CAD
  • Frais comptables et fiscaux : 1 500 $ CAD

Total déductions : 30 520 $ CAD par an. Revenu net imposable : 12 680 $ CAD.

Impôt fédéral-provincial estimé (40 % du revenu net) : 5 072 $ CAD.

Revenu net après impôt : 7 608 $ CAD par an, soit rendement net de 1,5 % sur votre mise de fonds (175 000 $). Ajoutez l'appréciation immobilière (2 % à 3 % par an historiquement) : rendement total réel approche 3,5 % à 4,5 % par an.

Ce n'est pas spectaculaire comparé à un portefeuille boursier, mais l'effet de levier via l'hypothèque, la stabilité du bien physique et la possibilité de revendre avec gain en capital compensent.

Risques spécifiques aux investisseurs étrangers

Variation des devises

Si vous êtes basé en euros ou en francs suisses, une chute du dollar canadien de 10 % réduit votre rendement réel de 10 %. Couvrir ce risque coûte entre 1 % et 3 % par an en frais de couverture de change. Peu d'investisseurs s'en préoccupent; c'est pourtant réel sur 10 ans.

Capacité à revendre

Même si le marché est dynamique, certains profils d'immeuble (ancien, peu de logements, caractéristiques inhabituellesSolution pour un résident local) sont plus difficiles à revendre. Prévoyez 6 à 12 mois pour trouver un acheteur et conclure la vente.

Régulation des loyers et plafonds futurs

Le Québec a une histoire volatile en matière de plafonds de loyers. Depuis 2020, une loi fixe les augmentations maximales par année, approuvées par la Régie du logement. Vérifiez chaque année quelle hausse vous pouvez effectuer légalement; si vous dépassez, le locataire peut contester et vous êtes forcé de réduire.

Litiges et recours légaux

Un différend avec un locataire va au Tribunal administratif du logement (TAL). Vous devez avoir un représentant sur place ou vous fier à votre gestionnaire ou avocat. Honoraires légaux : 1 500 à 5 000 $ CAD par dossier contentieux selon complexité. D'où l'importance de choisir un gestionnaire immobilier fiable dès le départ.

Prochaines étapes concrètes

  1. Rencontrez un fiscaliste spécialisé en impôt international pour valider votre structure d'investissement (personne physique, fiducie, société). Tarif : 500 à 2 000 $ CAD en consultation initiale.

  2. Contactez deux ou trois banques (Desjardins, Banque Nationale, éventuellement un courtier hypothécaire) pour pré-approuver votre financement. Vous saurez en 6 à 8 semaines votre pouvoir d'achat réel.

  3. Visitez Montréal ou engagez un inspecteur local pour visiter les propriétés qui vous intéressent. Ne signalez rien sans vérification physique.

  4. Choisissez un gestionnaire immobilier avant l'achat. Demandez références de trois autres investisseurs étrangers qu'il gère actuellement.

  5. Rédiger une offre d'achat à travers un notaire ou avocat québécois maîtrisant la vente immobilière.

Investir comme étranger à Montréal est réaliste et légal. Mais cela exige discipline, patience et délégation intelligente. Ne précipitez rien.

FAQ

Puis-je obtenir un prêt hypothécaire à Montréal si je suis étranger et non-résident?

Oui, mais avec des conditions strictes. Les banques comme Desjardins et la Banque Nationale du Canada acceptent les non-résidents avec apport minimum de 35 %, documents financiers de votre pays d'origine, et taux d'intérêt souvent plus élevé. Les délais d'approbation peuvent s'étendre de trois à six mois. Consultez un courtier hypothécaire spécialisé pour augmenter vos chances.

Combien d'impôt vais-je payer sur mes revenus locatifs à Montréal?

Votre revenu locatif net (après déductions) est imposable au Canada (taux fédéral-provincial combiné de 20 % à 40 % selon votre tranche) et potentiellement dans votre pays d'origine. Une convention fiscale évite la double imposition. Engagez un fiscaliste spécialisé dans votre situation (France, Suisse, États-Unis, etc.) pour estimer précisément.

Quel quartier de Montréal offre le meilleur rendement locatif?

Rosemont-La Petite-Patrie offre généralement 4,5 % à 5,5 % de rendement brut avec des prix d'accès modérés (380 000 à 520 000 $ CAD). Griffintown et Ville-Marie offrent aussi 4 % à 5,5 %, mais prix d'achat plus élevés. Le choix dépend de votre capital et tolérance au risque. Vérifiez les tendances du quartier sur trois à cinq ans avant d'investir.

Puis-je gérer mon immeuble locatif de France (ou depuis l'étranger)?

Non, vous devez déléguer à une entreprise de gestion immobilière professionnelle ou un gardien local. Les coûts varient de 8 % à 12 % du loyer mensuels pour une agence. C'est essentiel pour respecter les règles québécoises du bail, payer les taxes, gérer les urgences et éviter conflits légaux avec les locataires.

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